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Journal de Montréal, 28 avril 2011

Cactus Montréal réclame des sites d'injection supervisée

L’organisme Cactus Montréal, qui vient en aide aux toxicomanes, croit qu’il faudra non seulement augmenter le volume de distribution de seringues pour diminuer la propagation du VIH, mais aussi implanter des sites d’injection supervisée (SIS).

«Le fait de donner du matériel, c’est un complément de service et nous espérons que les SIS voient le jour d’ici quelques mois. Il faut rendre davantage le matériel accessible», soutient Marianne Tonnelier, directrice générale de Cactus.

L’organisme, qui a été le premier au Québec à annoncer son intention d’ouvrir un centre d’injection supervisée par du personnel médical, distribue actuellement 330 000 seringues par année.

Les CLSC, quant à eux, en fournissent environ un million pour environ 10 000 toxicomanes, ce qui n’est pas suffisant selon Cactus.

Stéphane Voyer, intervenant chargé de récupérer les seringues à la traîne pour Spectre de rue, est convaincu que des sites d’injection permettraient aux utilisateurs de drogues injectables (UDI) de se piquer en lieu sûr.

«C’est clair que dans la tête de bien des gens, c’est de l’encouragement à consommer, alors que c’est plutôt pour les protéger», avance-t-il.

Même si une quarantaine de boîtes de récupération sont installées sur le territoire montréalais, M. Voyer parvient toujours à trouver plusieurs seringues souillées sur la voie publique.

Étude positive

Selon une récente étude menée par le Centre de recherche du CHUM, les toxicomanes qui se procurent des seringues dans le réseau de distribution sécuritaire — implanté dans les années 80 malgré les vives critiques — sont cinq fois moins susceptibles d’être infectés par le VIH.

La médecin Julie Bruneau, directrice de l’étude, affirme que même si «les toxicomanes ont diminué le partage de seringues, l’incidence du VIH est toujours présente et il faut poursuivre les efforts pour maintenir ces programmes en place».

Dr Bruneau ajoute que 50 % des jeunes UDI contractent le VIH lors des quatre premières années de consommation. «Ce n’est pas le moment où les gens pensent à arrêter. Ces programmes sont un moyen de rejoindre ces jeunes».

L’Insite de Vancouver, qui est le seul centre d’injection supervisée au pays, est actuellement devant la Cour suprême. La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a déjà jugé que l’organisme était nécessaire, mais le gouvernement Harper, voulant le faire fermer, a contesté cette décision.

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