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txsubstitution.info, 05 mai 2007

Nouvelle attaque contre INSITE

Deux articles publiés respectivement les 3 et 4 mai 2007 sur le site Internet du journal The Province et sur le site bodyandhealth.canada.com nous décrivent les vives réactions qu'a soulevé, chez les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique, la publication, par le docteur Colin Mangham, directeur de la recherche au Drug Prevention Network of Canada, d'un rapport présentant un sombre portrait du site d'injection supervisé de Vancouver.

Ce rapport, publié dans le Journal of Global Drug Policy and Practice, présente une analyse critique des principaux articles scientifiques publiés, s'intéressant aux impacts du projet Insite.

Sommairement, dans son rapport, le docteur Mangham prétend que les rapports d'évaluation, tout particulièrement les résumés diffusés dans les médias populaires, sous-rapportent, voire ignorent, les impacts négatifs du projet, projet qui selon l'auteur est généralement décrit comme un « succès facile ». Selon lui, les études menées présentent de nombreux biais et les impacts du projet sont beaucoup plus modestes que ce que le prétendent les différents rapports d'évaluation, pourtant publiés dans des journaux scientifiques internationaux reconnus tels que The Lancet ou New England Medical Journal.

Par ailleurs, toujours selon Mangham, Insite n'a pas réussi à rejoindre suffisamment les jeunes injecteurs. D'après lui, les sommes investies dans ce projet auraient été utilisées beaucoup plus judicieusement si elles avaient été investies en prévention.


Le docteur Thomas Kerr, chercheur au B.C. Centre for Excellence in HIV/AIDS, se dit outré par les conclusions du rapport Mangham. Selon lui, il ne s'agit non pas du résultat d'une démarche scientifique, mais bel et bien d'un article d'opinion.

Des faits troublants ponctuent par ailleurs cette affaire. En effet, Colin Mangham ne souhaite pas révéler quel organisme a soutenu financièrement son travail de recherche, ce qu'exigent, selon le docteur Kerr, les journaux crédibles.

Malgré les liens qui les unissent, le Drug Prevention Network of Canada, dont Mangham est directeur de la recherche, étant présidé par Randy White, ancien député conservateur au parlement, Mangham affirme que White n'a rien à voir dans le financement de son rapport, bien que les conclusions de celui-ci aient publiquement été défendues par ce dernier.


Il est cependant difficile de ne pas voir derrière la publication de ce rapport une manoeuvre politique pouvant contribuer à justifier, le moment venu, le non-renouvellement des autorisations nécessaires à la poursuite de cette initiative.

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