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Cyberpresse.ca, 19 avril 2011

Centre d'injection supervisé : une étude fait état de résultats spectaculaires à Vancouver

Alors que le débat sur l'arrivée éventuelle d'un centre d'injection supervisé dans le centre-ville de Québec défraie de plus en plus les manchettes, une étude réalisée sur la piquerie supervisée de Vancouver démontre une chute de 35 % du nombre de surdoses mortelles survenues dans les environs de cet établissement.

L'étude réalisée notamment par le Centre d'excellence pour le VIH-sida de la Colombie-Britannique s'est penchée sur les deux années précédant l'ouverture du centre d'injection supervisé Insite de Vancouver, dans le quartier Downtown Eastside, et les deux années suivant l'arrivée de ce service aux toxicomanes. Insite a ouvert ses portes en 2003, afin d'offrir à cette clientèle un lieu sécuritaire pour s'injecter leur drogue. Le quartier Downtown Eastside est reconnu à la grandeur du Canada pour son nombre élevé de consommateurs de drogue par injection.

L'étude tend à démontrer que le nombre de surdoses mortelles a diminué de 35 % entre les deux années de référence avant l'ouverture d'Insite et les deux années suivantes. L'étude se penchait spécifiquement sur les surdoses survenues aux alentours de l'établissement. Pendant la même période, à la grandeur de la ville de Vancouver, les surdoses mortelles ont diminué de 9 %.

L'étude encourage les autorités à avoir recours aux centres d'injection supervisés quand le contexte est jugé pertinent.

«Nos résultats suggèrent que les centres d'injection supervisés sont une intervention efficace pour réduire le nombre de surdoses mortelles dans les communautés au Canada et dans d'autres villes internationales, et qu'ils devraient être considérés pour évaluation, particulièrement dans les communautés où il y a un haut degré d'usage de drogues par injection», écrivent les auteurs de l'étude, dont les conclusions ont été publiées dans la revue médicale The Lancet.

En 2003, les autorités ont ouvert le centre Insite afin d'offrir un lieu sécuritaire pour les toxicomanes où ils pourraient s'injecter leur drogue avec des seringues stériles. Ainsi, on voulait aussi diminuer la transmission du VIH et de l'hépatite entre les toxicomanes. En 2010, pas moins de 12 000 personnes différentes ont fréquenté le centre Insite. Quotidiennement, 855 toxicomanes s'y rendent, afin d'obtenir différents services.

Tentatives de fermeture

Après leur arrivée au pouvoir à Ottawa, les conservateurs ont tenté de fermer le centre par l'entremise des tribunaux. Cette lutte est maintenant rendue en Cour suprême.

Aujourd'hui, il y a environ 65 centres d'injection supervisés, un peu partout dans le monde.

Pour le promoteur du centre d'injection supervisé de Québec, Point de repères, les résultats de cette étude démontrent la pertinence de doter Québec d'un tel service. Une étude de besoins réalisée pour le compte de Point de repères démontre que plus de la moitié des 60 toxicomanes de Québec interrogés ont déjà eu des surdoses dans le passé. «Dans les résultats de cette étude, on apprend que les gens qui ont déjà fait une overdose en ont déjà été victimes à quelques reprises, affirme le directeur général de Point de repères. L'étude réalisée à Vancouver démontre donc la pertinence de notre démarche.»

Sans pouvoir donner de chiffre précis, M. Gagnon affirme que très peu de toxicomanes qu'il connaît sont décédés, au fil des ans, d'une surdose causée par une injection de drogue.

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