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cyberpresse.ca, 13 octobre 2011

Centre d'injection supervisée: au moins un an avant l'ouverture

L'organisme Point de Repères se donne un horizon de 12 à 18 mois avant l'ouverture à Québec d'un centre d'injection supervisée pour les usagers de drogues intraveineuses. Le temps de mener des consultations afin de rendre ce projet socialement acceptable. Sur ce point, le conseil de quartier Saint-Roch reprendra d'ailleurs le vote sur cette épineuse question le 27 octobre.

La décision le 30 septembre, de la Cour suprême du Canada, de confirmer la légitimité du centre Insite de Vancouver, ajoutée au feu vert, mardi, du ministre de la Santé Yves Bolduc pour l'implantation de piqueries supervisées, fait débloquer le dossier. À Montréal, l'organisme Cactus espère ouvrir les portes d'un tel centre d'injection dès 2012.

L'organisme pourrait même être prêt à déposer un projet avant la fin de l'année. Mais ne vous attendez pas à voir une piquerie légale avant un an à 18 mois, a précisé hier le directeur de l'organisme Point de Repères, Mario Gagnon. Un point de vue partagé par le directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens.

«À Montréal, ils ont poursuivi les démarches de planification», a expliqué le Dr Desbiens au Soleilhier. «À Québec, on a préféré attendre les décisions de la Cour suprême et du ministre de la Santé.»

Les prochains mois verront donc de nombreuses consultations sur l'endroit idéal pour accueillir le centre déjà pressenti dans le quartier Saint-Roch. La clé sera celle de «l'acceptabilité sociale» pour ce service controversé. «Ce sont des services particuliers à une clientèle qui est souvent rejetée, poursuit le Dr Desbiens. Il faut aller de l'avant prudemment avec beaucoup de sérieux pour faire en sorte de construire cette acceptabilité sociale avec toutes les personnes concernées.»

Nouveau vote

Le besoin de dégager un consensus clair sur la question est d'ailleurs si fondamental que le conseil de quartier Saint-Roch, qui avait voté en faveur d'un centre d'injection supervisée, reprendra le vote lors d'une assemblée le 27 octobre, explique son président Louis H. Campagna. En juin, le résultat avait été de quatre membres contre deux après des consultations publiques menées le 14 mai. Mais depuis, les choses ont changé, et le conseil souhaite reprendre le dossier. «Ce n'était pas très fort comme résolution. On avait décidé de la mettre sur la glace pour un temps», dit M. Campagna.

Et certains promettent de continuer à s'opposer farouchement à un centre supervisé dans Saint-Roch. Parmi eux, Stéphane Leblond, syndic de faillite chez Leblond & Associés du boulevard Charest. En juin, il avait mis en demeure le conseil de quartier de cesser «toute démarche» concernant un centre d'injection supervisée dans le secteur où il travaille depuis 30 ans. «Je vais me battre bec et ongles pour pas que ça ouvre, cette cochonnerie-là», a-t-il réitéré hier en estimant que la Cour suprême s'est «déshonorée» en rendant un jugement favorable à ce service.

dans un CLSC ?

Quant à savoir où pourrait être situé un centre d'injection supervisée, le Dr François Desbiens estime qu'il est encore trop tôt pour l'imaginer dans un CLSC, évoqué par plusieurs, dont le maire Régis Labeaume. «Pour l'instant, je ne peux pas dire ni oui ni non, a-t-il indiqué. Oui, ça pourrait être un CLSC, oui, ça pourrait être un organisme communautaire. Mais il est vraiment prématuré de dire ce sera là ou là.»

Et même si beaucoup de questions demeurent, Mario Gagnon souligne une certaine adhésion suscitée par l'idée des CLSC. «Est-ce que ce sera possible? Est-ce que les usagers de drogue voudront y aller? Toutes ces questions-là devront être débattues. Mais ce qu'on sait est qu'au moins, il semble y avoir un certain consensus.»

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