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evous.fr, 16 janvier 2013

Drogues, salles de shoot à Paris : Rémi Féraud critique l'UMP Paris

Rémi Féraud, le jeune maire PS du 10e arrondissement a une nouvelle fois affirmé sa volonté d'ouvrir bientôt une salle de shoot à Paris, dans un entretient accordé au Parisien en ce mois de janvier 2013.

A la question de savoir ce qu'il répondait aux détracteurs du projet, Rémi Féraud s'est montré très clair dans ses intentions et a pointé du doigt la droite parisienne :

« Il n'y a que l'UMP parisienne pour tenir des discours aussi alarmistes sur l'installation d'une salle de consommation à moindre risque ! A Bordeaux ou Marseille, villes dirigées par la droite, on entend le contraire. Et les expériences à l'étranger font, à mon sens, leurs preuves. Quant aux habitants confrontés à la drogue, la situation actuelle est difficile à vivre pour eux et je ne veux pas être passif face à la toxicomanie. Des débats seront organisés et ils seront associés au comité de suivi de cette salle ».

En automne 2012, après avoir salué la ministre de la Santé pour sa volonté d'expérimenter en France les salles de shoot avant la fin de l'année, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a réitéré son souhait d'en ouvrir une dans le 10e arrondissement.

« En accord avec Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement de Paris, nous sommes totalement volontaires pour rechercher rapidement un premier lieu adapté, qui pourra se situer dans le 10e, dans le quartier de la gare du Nord », expliquait le maire ce lundi 22 octobre.

Pour les salles de shoot, c'est maintenant ou jamais. Alors que les élections municipales de 2014 se profilent et qu'un tel projet est propice à d'interminables débats et polémiques, les associations Médecins du Monde et Gaïa aimeraient que le gouvernement en autorise au plus vite l'expérimentation dans la capitale. Ils attendent le « feu vert » du gouvernement pour une éventuelle ouverture au printemps.

Dimanche 21 octobre au soir, Marisol Touraine a fait part de son souhait de voir ces salles expérimentées dès la fin 2012. « J'espère que (...) des expérimentations pourront être annoncées avant la fin de l'année », a déclaré la ministre des Affaires sociales et de la Santé sur BFM-TV. « Je vais travailler avec des municipalités qui sont prêtes à s'engager », a-t-elle précisé, indiquant que des « municipalités de droite comme de gauche » étaient sur les rangs.

Mardi 9 octobre, Médecins du Monde et Gaïa-Paris ont présenté leur salle de consommation de drogue devant la presse. Ne souhaitant pas encore dévoiler l'emplacement de cette salle, afin d'avoir le temps de travailler avec les riverains en amont, les défenseurs de ce projet se sont donc contentés de le dévoiler dans les grandes lignes. Pour rappel, le conseil de Paris s'était prononcé en faveur de cette initiative en 2010.

Une salle de shoot, qu'est-ce que c'est ? C'est une salle où les individus dépendants aux drogues dures pourront venir consommer leur propre produit, dans de bonnes conditions d'hygiène et sous la surveillance d'un personnel de santé spécialisé. La salle que Gaïa-Paris ouvrirait dans la capitale permettrait d'accueillir 200 à 250 consommateurs par jour.

Quels en sont les objectifs ? D'après Elisabeth Avril, directrice de l'association Gaïa-Paris, il s'agit de contribuer à faire reculer « la mortalité » mais aussi « les infections et le manque d'hygiène », de mettre l'accent sur « l'exclusion sociale » des usagers de drogue et « les troubles à l'ordre publique » causés par la consommation de drogue dure. En d'autres termes, il s'agirait d'un endroit où le problème de la drogue ne serait pas traité dans ses causes mais ses conséquences.

Où est-ce que cela sera expérimenté ? Paris, Bordeaux et Marseille seraient, si le gouvernement et la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, autorisent leur existence, les deux premières villes-test. Une dizaine de pays ont déjà légalisé ces salles, dont, en Europe, la Suisse et l'Allemagne. Elizabeth Avril rappelle que, d'après des études menées dans des salles existantes, ces salles permettent notamment de diminuer les risques de contracter le VIH et des hépatites et permettent aussi la prise de contact avec les usagers les plus marginalisés.

Qui aura droit d'y accéder ? Uniquement les individus majeurs, sobres et qui ne sont pas déjà sous l'effet d'une drogue. Après un entretien préalable, l'usager se verra remettre une carte lui permettant de consommer sa drogue sur place.

Qui s'en occupe ? A Paris, ce sont les deux associations Médecins du Monde et Gaïa-Paris qui seraient en charge d'assurer son bon fonctionnement. Gaïa est une association spécialisée dans la prévention, l'accompagnement de toxicomanes « et ceci dans ses dimensions médicales, sociales et psychologiques en appliquant les principes de la politique de réduction des risques et des dommages liés à l'usage des drogues ». Depuis 2006, l'association a pris en charge le programme d'échange de seringues qui permet aux usagers de la drogue de se procurer du matériel stérilisé et de recevoir des conseils pour une consommation à moindre risque. Depuis 2006 également, l'association gère le bus Méthadone qui oriente et conseille les personnes dépendantes.

Source

Le Parisien

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