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24hmontreal.canoe.ca, 3 octobre 2011

L’ADDICQ réclame des services d’injection supervisée au Québec

La mise en place de services d’injection supervisée (SIS) québécois est réclamée par l’Association pour la Défense des Droits et l’Inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec (ADDICQ).
 
Elle en fait la demande quelques jours après que la Cour suprême ait statué que le centre d’injection supervisée Insite de Vancouver pouvait continuer à offrir ses services. Insite a ouvert ses portes il y a huit ans et a accueilli 855 toxicomanes par jour en 2010.
 
Plus modestes, les SIS québécois assureraient eux aussi une injection sécuritaire pour les consommateurs de drogues, sans pour autant fournir les substances illicites. Outre les seringues stérilisées disponibles, des infirmières et intervenants sur place préviendraient les infections, de même que les surdoses.
 
L’ADDICQ a déposé lundi une demande symbolique d’exemption à l’article 56 de la loi réglementant certaines drogues et autres substances. L’association espère ainsi permettre à de futurs services d’injection supervisés (SIS) de voir le jour au Québec en toute légalité.
 
Elle enjoint le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, de faire de même auprès du gouvernement fédéral.
 
« Des SIS sauvent des vies et permettent aux personnes qui consomment par injection de connaître la dignité humaine à laquelle chaque personne a droit », plaide Darlène Palmer, l’une des porte-parole de l’ADDICQ.
 
« Environ 10 millions de personnes qui s’injectent des drogues pourraient être atteintes par le virus de l’hépatite C à l’échelle mondiale, » déplore Mme Palmer. Plusieurs autres ont contracté le VIH.
 
Les membres de l’ADDICQ craignent toutefois que les procédures menant à l’obtention d’une telle exemption ne s’étirent. « Pendant tout ce temps, ce sont nos pairs qui meurent dans les rues », déplore Sophie Sénécal de l’association.
 
« Malgré tous les rapports, tous les appuis, comme celui de l’Association médicale canadienne, malgré deux jugements confirmant la nécessité d’Insite en tant que service essentiel les conservateurs ont maintenu leur entêtement jusqu’en Cour suprême », souligne-t-elle, affirmant que ce n’est pas de bon augure pour le Québec.
 
Le cabinet du ministre Bolduc, de son côté, assure que le jugement de la Cour suprême sera pris en compte dans sa réflexion

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