---



canoe.ca, 15 mars 2012

Laval n'est pas prêt pour un site d'injection supervisé

Alors que l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal donne le feu vert à l'implantation de services d'injection supervisés en matière de drogue, le TRIL, un organisme communautaire et spécialiste de la santé publique estime que Laval est loin de cette réalité.
 
«Notre réflexion n'est pas encore rendue à ce niveau, a soutenu la directrice de Travail de rue de l'île de Laval (TRIL), Carol Pagé. Par contre, la journée où nous en serons rendus là, ça ne sera pas évident, la culture lavalloise étant, la plupart du temps, de faire abstraction du problème.»
 
Selon elle, on risque aussi de voir un phénomène semblable à ce qui se déroule à Montréal, à savoir que l'idée est collectivement bien perçue en général, mais que personne ne veut voir s'implanter dans son quartier un site d'injection supervisé.
 
Problématique différente
 
Selon Sarah Raymond de la Direction de santé publique de Laval, un centre comme celui de Vancouver ou celui envisagé à Montréal répondent à une problématique d'injection en public. «Ici, nous faisons plutôt face à une problématique privée», a-t-elle dit.
 
Le directeur du Service de la protection des citoyens, Jean-Pierre Gariépy, ne souhaite pas s'immiscer dans le débat. «C'est un débat de société et la police s'adaptera au choix qui pourrait éventuellement être fait», a-t-il indiqué.
 
Par contre, M. Gariépy a pu voir l'impact que peut avoir un tel centre sur une communauté lors d'un séjour à Vancouver. Il a expliqué que l'ouverture d'un tel centre a aidé le travail des policiers et des intervenants sociaux qui collaborent étroitement dans ce secteur en permettant des interventions plus ciblées.
 
Il a ajouté cependant que ce centre d'injection a transformé le quartier où il est implanté alors que selon ses dires plusieurs consommateurs ont y migré. «Je n'ai jamais vu un quartier aussi défavorisé. La consommation de drogue amène parfois toutes sortes de petites criminalités. C'est ce qu'on peut y constater», a raconté M. Gariépy.
 
Selon les données de la Direction de santé publique de Laval, environ 4000 personnes s'injecteraient des drogues sur l'île Jésus.
 
À Vancouver, le site d'injection supervisé Insite a ouvert ses portes en 2003. La Cour suprême du Canada a rendu une décision en septembre dernier rendant légitime ce type d'endroit que le gouvernement conservateur voulait fermer.


Source
Direct link to this page