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Tribune de Genève, 14 août 2008

Le local d'injection de Genève gardera sa place derrière la gare

Le Quai 9 a obtenu l'autorisation de rester encore cinq ans rue de la Pépinière.

L'équipe du local d'injection pensait devoir déménager. Mais le Quai 9 pourra rester encore quelques années sur son petit îlot situé derrière la gare. La Ville, qui possède le terrain en question, vient de lui octroyer une autorisation pour y demeurer cinq ans de plus.

Le projet immobilier prévu derrière la gare, qui envisage la construction d'immeubles et qui concerne également l'îlot sur lequel se trouve le local d'injection, a donné des sueurs froides à l'équipe du Quai 9. Des démarches ont été menées pour dénicher de nouveaux locaux. Sans succès. «Si beaucoup trouvent l'expérience intéressante, peu désirent la voir s'installer près de chez eux», explique Christophe Mani, directeur de l'association Première Ligne, qui gère le Quai 9. Mais aujourd'hui, suite à une opposition des CFF, ce projet de nouveau quartier entre les Grottes et Montbrillant est bloqué. Le local n'est donc plus forcé de déménager.

Grâce à l'autorisation de la Ville et à la fin du chantier du tram, qui a duré deux ans et demi, les treize travailleurs sociaux, les infirmières et les usagers respirent. Devant le local, une terrasse et des arbustes ont pu être installés. «On revit», ajoute Christophe Mani. «Durant deux ans, nous avons travaillé dans un véritable ghetto urbain. Même si la collaboration avec les mandataires du chantier du tram a été excellente, la poussière et le bruit ont rendu la situation épouvantable. »

Au lieu de déménager, le local pourrait même s'agrandir. L'équipe recherche des fonds pour augmenter l'espace à disposition. Selon le souhait du Conseil d'Etat émis en 2003, un nouveau module destiné aux toxicomanes ne désirant non pas s'injecter, mais inhaler des stupéfiants, pourrait être construit. Car depuis quelques années, le local accueille une population grandissante de personnes plus jeunes que celles s'injectant, et préférant sniffer ou fumer.

Le maintien du Quai 9 à la rue de la Pépinière ne semble pas avoir provoqué de vagues parmi le voisinage. Grâce à des rencontres avec les riverains, à des actions de ramassage de seringues menées par des toxicomanes et à la présence d'un agent de sécurité, les relations entre habitants et usagers «sont bonnes». Malgré quelques tensions ponctuelles, lorsque des seringues sont retrouvées aux alentours par exemple. Le Quai 9 accueille aujourd'hui une centaine de toxicomanes marginalisés par jour.

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