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france-police.over-blog, 24 septembre 2010

Communiqué de presse : oui à l'ouverture de salles de shoot

Ces dix dernières années, la société française a assisté à la démocratisation de la consommation des drogues dures.

Plusieurs facteurs sont la conséquence directe de la banalisation des drogues dures :

- Le prix de la dose de cocaïne s'est effondré en 15 ans, passant de 150 euros à 30 euros le G (le gramme). Cette baisse du prix a entraîné une relance très importante de la consommation de cette drogue autrefois réservée aux "classes riches et aux peoples". Bon marché, facile à acheter et à transporter, la cocaïne est désormais accessible au plus grand nombre et attire une clientèle qui s'identifie au travers de sa consommation à "ses stars".

- L'héroïne, la drogue du pauvre, a elle aussi suivi la baisse des prix sur le marché des drogues dures. Certains trafiquants "cassent les prix" pour attirer de nouveaux clients, on peut ainsi acheter 1 dose de Brown Sugar pour le prix d'une simple petite barrette de résine de cannabis. La consommation d'héroïne est un véritable fléau. Cette drogue peut accrocher en la sniffant ou en la fumant. Mais rapidement ces effets par ce mode de prise se font insuffisants obligeant les consommateurs à passer à une prise par injection.

Le marché de la drogue reste très fragile. Il est soumis, comme le marché boursier, a des spéculations. On a assisté dans plusieurs pays déjà aux effets dévastateurs de ces fortes fluctuations des prix sur le marché de la drogue. Si les prix de la cocaïne ou de l'héroïne augmentent subitement, de nombreux consommateurs ne sont plus en mesure de financer leur addiction. Deux solutions s’offrent alors à eux : soit sombrer dans la délinquance ou la prostitution pour générer des revenus capables de permettre de continuer à se droguer avec un produit devenu très cher ou alors passer à des dérivés de drogues dures moins cher.

C'est à ce moment là qu'on voit arrivé sur le marché des drogues très dures et très dévastatrices telles que le "crack", dérivé de cocaïne et de bicarbonate.

La France perd chaque jour un peu plus la guerre contre le narcotrafic. La police lève de belles affaires mais force est de constater que les peines prononcées contre les dealers par la justice sont de moins en moins sévères, cette absence de sanction encourage la prolifération du trafic de stupéfiants, activité très lucrative.

Dans un tel contexte, il est indispensable de permettre aux victimes de ce trafic (oui les consommateurs de ces drogues sont des victimes) de se droguer dans des conditions compatibles avec la dignité humaine. Il faut également minimiser les risques pour le reste de la population qui, elle, ne se drogue pas.

Les salles de shoot remplissent plusieurs objectifs capitaux :

- Permettre aux toxicomanes de se droguer à l'écart de la vue du public dans des locaux propres et avec du matériel stérile. On évite ainsi de se retrouver avec des seringues usagées jetées sur la voie publique.

- Assurer la présence de personnel de santé pour "encadrer" la prise du produit et assurer le suivi médical du toxicomane. Éventuellement, aider le toxicomane à décrocher si ce dernier le souhaite. Le sevrage doit toujours être souhaité par le consommateur.

- Permettre aux toxicomanes de garder un lien avec le tissu social en rencontrant du personnel médical et social.

La création de ces salles de shoot est une nécessité absolue dans une société où la consommation de drogues dures est entrain d'exploser.

Certes, la création de ces lieux où l'on peut en toute impunité commettre un acte illégal, consommer de la drogue, est un aveu d'échec de la politique de lutte contre le trafic de drogue. Mais face à la réalité, celle où n'importe qui peut, du jour au lendemain, tomber dans la toxicomanie tant l'offre est forte et les prix attractifs, les pouvoirs publics doivent garantir à nos concitoyens un minimum de sécurité autour de cette question.

Si demain un enfant se pique dans un jardin public avec une seringue usagée, les pouvoirs publics porteront sur leurs épaules le poids de la responsabilité d'une éventuelle contamination de l'enfant par le virus du VIH ou de l'hépatite, faute de n'avoir pas pris de mesure de salubrité publique.

Créer des salles de shoot n'est en rien encourager la consommation de drogue, c'est simplement répondre à un problème de santé publique qui peut toucher n'importe qui et, surtout, les jeunes générations très attirées par la consommation de drogues.

Demain, l'évolution du marché de la drogue et une augmentation soudaine des prix peut faire arriver sur le marché des drogues plus dures et dangereuses encore que l'héroïne ou la cocaïne. Ces centres seront très précieux en cas d'apparition de ces dérivés d'une très haute toxicité pour la prise en charge de ces toxicomanes.
 

Michel THOORIS, secrétaire général du SYNDICAT FRANCE POLICE, tel : 06 42 18 37 52

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