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courrierdesmaires.fr, 22 avril 2011

Les élus UMP de Paris réitèrent leur opposition aux "salles de shoot"

Considérant qu'en matière de toxicomanie "le seul objectif médical possible est le sevrage", les élus UMP de Paris réaffirment leur opposition aux "salles de shoot", terme qui désigne familièrement les centres de consommation supervisés.

Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA au conseil de Paris, et Philippe Goujon, président de la fédération UMP de Paris, réagissaient le 19 avril 2011 à une étude de la revue médicale The Lancet, selon laquelle le taux de décès par overdose aurait diminué aux alentours d'une salle de consommation de Vancouver.

"La seule priorité pour les pouvoirs publics est de réduire la consommation de drogues et non de l'organiser", écrivent-ils.

La politique de prévention menée par la France a enregistré des résultats probants en termes d'overdoses mortelles (divisées par 5, taux le plus bas d'Europe), de contaminations par le VIH (divisées par 4 en quinze ans) et d'infractions sur l'usage d'héroïne (divisées par quatre), indiquent-ils.

Philippe Goujon fait partie de la mission interparlementaire d'information sur les toxicomanies.

Ces centres de consommation supervisés sont des lieux où les personnes peuvent consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d'hygiène et sous supervision de personnels de santé.

Il en existe dans plus de 45 villes de huit pays, pour la plupart européens.

Le Premier ministre François Fillon et l'Académie de Médecine ont exprimé leur opposition à la création de telles salles en France.

Baisse de 35% des décès par overdose, selon l'étude

Le taux de décès par overdose a été réduit de plus d'un tiers aux alentours de la première salle de consommation de drogue d'Amérique du nord mise en place il y a huit ans à Vancouver (Colombie britannique, ouest du canada). Le centre de Vancouver a été mis en place dans un quartier socialement très démuni et connu pour son commerce de drogues en tous genres -héroïne, cocaïne, amphétamines...- et son fort taux d'épidémie de sida.

Le Dr Thomas Kerr et son équipe, du Centre d'excellence contre le VIH-sida de Colombie britannique, ont rassemblé toutes les données sur les morts par overdose intervenues entre 2001 et 2005, et la zone où elles avaient eu lieu. Ils ont comparé la période 2001-2003, avant la mise en place du centre, et la période 2003-2005, ainsi que le nombre de morts dans un rayon de 500 m autour du centre par rapport au reste de la ville.

Selon leur étude, le nombre de décès par overdose a baissé de 35% (de 254 à 165 par 100.000 personnes par an) à proximité du centre, et de seulement 9% dans le reste de la ville (de 7,6 à 6,9 par 100.000 personnes par an).

L'été dernier, Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, avait provoqué une polémique en annonçant "une concertation avec tous les partenaires concernés et notamment les collectivités locales" sur la création de salles de consommation supervisées.

L'Inserm, des associations et des élus favorables

Alors que l'Inserm avait rendu un avis favorable sous certaines conditions, nombre d'associations -notamment celles spécialisées dans la réduction des risques- applaudissaient des deux mains, la gauche opinait, et des maires de gauche et de droite, notamment ceux de Paris et de Marseille, Bordeaux et Lille, se disaient prêts à tenter l'expérience. La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano (UMP), avait appelé à "ouvrir le débat".

En revanche, des élus UMP et Xavier Bertrand, alors secrétaire général du parti, avaient exprimé leur totale hostilité. Matignon avait mis un terme aux débats en affirmant que ce n'était "ni utile ni souhaitable".
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