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cyberpresse.ca, 01 juin 2011

Les sites d'injection réduisent le nombre de seringues rejetées

La quantité de déchets liés à la consommation d'héroïne, comme les seringues abandonnées, a diminué de 46% après l'ouverture d'une clinique d'injection supervisée dans un quartier de Montréal en 2005, révèle une étude.

Un chercheur de l'Université de Montréal qui a participé à l'étude appelle le gouvernement fédéral conservateur à considérer ces résultats et, peut-être, à revoir son opposition à de telles installations.

L'étude publiée mercredi dans la Revue canadienne de santé publique indique que l'ouverture d'un site d'injection supervisée n'a pas d'effets négatifs considérables sur le voisinage.

Cette analyse survient alors que la Cour suprême du Canada se penche sur l'avenir du site d'injection InSite de Vancouver, auquel les conservateurs fédéraux s'opposent.

Le premier ministre Stephen Harper estime que la stratégie nationale en matière de drogues doit être basée sur la prévention et le traitement. Le gouvernement conservateur ne tolère pas le site d'injection de Vancouver parce qu'il estime que celui-ci encourage la dépendance aux drogues.

L'analyse menée par des chercheurs de l'Université de Montréal a étudié les habitudes de rejet des déchets liés à la consommation d'héroïne dans un rayon de 200 mètres autour de la clinique. Les chercheurs ont constaté une forte diminution de la quantité de déchets, dont les seringues.

«Certaines personnes craignaient que le fait de prescrire de l'héroïne à des toxicomanes apporte de nombreux problèmes dans le secteur où se trouve la clinique», a expliqué Serge Brochu, criminologue et professeur-titulaire à l'Université de Montréal, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Nous avons certainement prouvé que ce n'est pas le cas. Nous ne pouvons refuser l'ouverture de ces cliniques sous prétexte qu'elles apporteront plus de gens qui dérangeront le voisinage, parce que ce n'est pas vrai.»

«Nous avons tendance à ne considérer que les moyens de coercition. Ce n'est pas une bonne manière de fonctionner», a estimé M. Brochu.

L'étude publiée mercredi fait suite à une autre recherche menée par M. Brochu et d'autres chercheurs. Publiée en 2009, celle-ci avait analysé les habitudes criminelles aux environs d'une clinique de Montréal et d'une autre de Vancouver, avant et après leur ouverture respective.

En se fiant aux statistiques fournies par les services policiers des deux villes, les chercheurs avaient conclu que la présence des cliniques ne semblait pas avoir fait augmenter ni diminuer les taux de criminalité.

Plusieurs villes canadiennes comme Victoria, Toronto et Québec ont manifesté de l'intérêt envers les sites d'injection supervisée, dont le fonctionnement serait inspiré de la clinique InSite de Vancouver.

InSite a ouvert ses portes en 2003 et permet aux toxicomanes de s'injecter de la drogue dans un environnement sécuritaire, sous la supervision d'une infirmière.

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