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radio-canada.ca, September 23, 2013

Une demande pour obtenir un centre d'injection supervisée dans Côte-de-Sabler

Ottawa, le Centre de santé communautaire de Côte-de-Sable souhaite ouvrir dans le quartier un centre d'injection supervisée comme celui qui existe depuis 10 ans à Vancouver.

Les dirigeants du centre travaillent actuellement à une demande qui sera envoyée à Santé Canada d'ici décembre. Ils espèrent être en mesure d'ouvrir un tel centre dès l'an prochain.

Le dossier divise les intervenants. Certains, qui appuient l'idée, soulignent que c'est à Ottawa qu'il y a le plus de nouveaux cas de VIH chez les utilisateurs de drogues injectables. De plus, chaque mois, trois personnes meurent d'une surdose de drogue dans la capitale nationale.

De leur côté, le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, et le maire, Jim Watson, ont déjà fait savoir qu'ils étaient contre un tel projet.

Mathieu Fleury, le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, où se situe le centre communautaire, ne voit pas non plus l'initiative d'un bon œil.

Selon lui, malgré l'enjeu de santé publique, on ne peut pas comparer la situation de Vancouver à celle d'Ottawa


« Ce n'est pas pour faire un parallèle, mais c'est un peu comme un dépotoir. Personne ne souhaite avoir un dépotoir dans sa communauté. Nous, dans le district qui est plutôt commercial et touristique, c'est définitivement complexe. »
- Mathieu Fleury, conseiller du quartier Rideau-Vanier -

Mathieu Fleury doute en outre que Santé Canada soit disposé à donner son aval au projet.

Le centre Insite de Vancouver, qui a ouvert ses portes en septembre 2003, accueille maintenant de 700 à 800 visiteurs chaque jour. Il s'agit du seul centre légal du genre en Amérique du Nord. Depuis, des recherches ont montré que les nouveaux cas d'infection au VIH dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver ont chuté de plus de 90 %, et les cas de surdose mortelle, de 70 %.

Ottawa demande des règles plus strictes

Par ailleurs, le projet de loi C-65 sur le respect des collectivités, déposé en juin dernier, stipule que, pour ouvrir un centre, il faut consulter les ministres provinciaux, les gouvernements locaux, les forces de police locales, les autorités de santé locales, ainsi que des médecins, des infirmières et un vaste éventail de groupes communautaires.

La ministre canadienne de la Santé a le pouvoir de soustraire un établissement à l'application de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, afin que des toxicomanes puissent s'injecter de la drogue dans un tel établissement, légalement.

« Nous croyons qu'il faut modifier le processus de demande d'exemption de façon à instaurer officiellement des occasions, pour les gens des environs, de se faire entendre et de faire état de leurs opinions avant qu'une exemption puisse être prise en considération », a toutefois déclaré la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq. 
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