English French

De quoi parle-t-on ?

Les salles de consommation à moindre risque

Les salles de consommation à moindre risque (SCMR) sont un des maillon de l'approche de réduction des risques. C'est une démarche de santé collective visant, plutôt que l'élimination de l'usage des psychotropes (ou d'autres comportements à risque ou « addictifs »), à ce que les principaux intéressés puissent développer des moyens de réduire les conséquences négatives liées à leurs comportements et aux effets pervers des contrôles sur ces comportements, pour eux-mêmes, leur entourage et la société, aux plans sanitaire, économique et social.

Les SCMR sont des centres dans lesquels les usagers de drogues confirmés sont autorisés à consommer leurs drogues dans de bonnes conditions d'hygiène, sous la surveillance d'un personnel qualifié et sans la crainte de l'arrestation. La première SCMR a ouverte à Berne en Suisse en 1986   . Actuellement, il en existe plus de 90 réparties aux Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Espagne, Australie, Canada, Norvège, Luxembourg et Danemark. La France a ouvert une SCMR à Paris et à Strasbourg en 2016.

Les SCMR constituent des services hautement spécialisés intégrés dans un réseau plus vaste de services de santé proposés aux consommateurs de drogues. Les SCMR se fondent sur le consensus et la coopération active entre les professionnels dans le domaine de la santé, la police, les autorités locales et les communautés locales. Les différents rapports scientifiques mettent en évidence que les SCMR parviennent à établir un contact avec un groupe hautement problématique de consommateurs de drogues et à promouvoir l'accès de ceux-ci à des soins de santé primaires dont ils ont grandement besoin ainsi qu'aux services sociaux et de traitement. Le taux de morbidité et les risques de mortalités, ainsi que la nuisance suscitée par la consommation de drogues en public, sont réduits grâce à l'accès des consommateurs de drogues à un matériel d'injection propre et à un environnement surveillé

Les SCMR ont pour objectifs de :
1. Réduire les problèmes de Santé pouvant découler de la consommation de drogues :

  • Réduire le nombre d'overdoses mortelles ;
  • Réduire les risques liés aux contaminations par les virus de l'hépatite C, du VIH et autres infections transmissibles par le sang ;
  • Réduire le développement d'abcès, infections et d'autres problèmes de santé pouvant résulter de la consommation de drogues lorsque celle-ci se déroule dans un cadre non-hygiénique (cage d'escalier, entrée d'immeuble, squats, toilettes publiques, camions, square...).
2. Réduire les nuisances associées à l'usage de drogues dans les lieux publics et semi-publics :
  • Réduction de l'usage de drogues dans les lieux publics et semi-publics ;
  • Réduction de la criminalité ;
  • Réduction du nombre de seringues usagées jetées dans l'environnement.
3. Améliorer l'accès aux services socio-sanitaires et thérapeutiques chez les consommateurs de drogues les plus marginalisés :
  • Il s'agit d'améliorer l'accès aux soins et plus particulièrement l'accès aux traitements de substitution et au sevrage et de toucher les consommateurs qui n'utilisent pas les services socio-sanitaires et/ou thérapeutiques.
  • Mais aussi de promouvoir l'accès aux dépistages et bilans sanguins, dans l'idée qu'un système veineux préservé amène la personne à se faire dépister plus régulièrement car moins de douleurs.
4. Promouvoir l'éducation aux risques liés à l'usage de drogues :
  • Les SCMR permettent une éducation et une information sur les pratiques à moindre risque « in vivo » au moment de la consommation. Essentielle, cette éducation est adaptée à l'observation des pratiques des personnes, contrairement aux messages diffusés dans les Centre d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de Drogues qui ne peuvent pas prendre en compte les situations de précarité où les usagers s'injectent leur drogue ou traitement de substitution par ex dans des conditions d'hygiène impropres.
5. Réduire les coûts des services de Santé liés à la consommation de drogues :
  • L'instauration de SCMR offre un rapport coût-efficacité avantageux qui doit inciter les décideurs politiques à l'action : Outre la perte tragique et coûteuse de vies humaines, certains méfaits pourraient être évités ou atténués. Ceci entraînerait des bénéfices en terme d'économie de la Santé (traitement pour maladies chroniques, services d'urgence...) à l'instar des programmes d'échange de seringues pour limiter la propagation du VIH. Les coûts d'application de lois répressives de lutte contre la délinquance et de la toxicomanie peuvent être également diminués  : ces ressources pourraient alors être consacrées à la prévention, aux traitements et aux soins de Santé.
La RdR expliquée par ma grand-mère
La RdR expliquée par ma grand-mère

La Croix Jaune & le Croissant Jaune

La Croix Jaune a été créé au Danemark. Symbole international des Salles De Consommation et de la Reduction Des Risques, la Croix jaune a été utilisé par la première salle de consommation à moindre risque mise en place par la société civile à Copenhague.

Le logo est disponible en téléchargement sous une licence Creative Commons. Version française, 
anglaise et roumaine. En 2016, ALT MST sida section Tunis rejoint le mouvement, et crée le Croissant Jaune.

"Dehors & Dedans" est un film documentaire pédagogique sur le fonctionnement et l'utilité des salles de consommation pour les usagers de drogues. Comment se passe la consommation, dans ces structures et en-dehors ? Quelles sont les apports du dispositif en matière de messages apportés à la jeunesse, d'accès aux soins, de réduction des risques, de diminution des nuisances dans l'espace public ? Autant de questions éclairées dans ce document.