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metrofrance.com, 29 août 2012

Salles de shoot : le débat relancé

Le député PS, Jean-Marie Le Guen, a demandé au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogue. Un sujet polémique en France mais qui pourrait avoir fait son chemin au sein du gouvernement. 
 
"Je préfère que les gens lourdement précaires et toxicomanes consomment de la drogue dans les salles dédiées plutôt qu'ils se piquent dans une cage d'escalier ou dans la rue, comme c'est le cas actuellement". Les prises de position de Jean-Marie Le Guen dans Le Parisien ce mercredi ne sont pas nouvelles. Le député socialiste, adjoint au maire de Paris en charge de la santé, milite depuis longtemps pour la 'légalisation' des "salles de shoot". Le débat sur ces centres d'injection supervisés (CIS), où les toxicomanes peuvent consommer leurs propres produits, n'est pas plus nouveau.
 
En 2010, la ministre de la Santé d'alors, Roselyne Bachelot, s'était dite favorable à "une concertation" sur le sujet après les conclusions d'un rapport de l'Inserm prouvant leur intérêt. Lesdites salles existent dans 8 pays en Europe, dont la Suisse, modèle en la matière. "Tous les CIS ont fait la preuve de leur capacité à assurer un fonctionnement stable, garantissant de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité", plaidait alors l'Institut. Mais devant le tollé provoqué par le sujet, la ministre avait été désavouée par le Premier ministre François Fillon. Dans un communiqué intitulé Légalisation des salles de shoot : ils sont devenus fous !, l'UMP fait valoir une nouvelle fois ce mercredi que "le rôle de l'Etat n'est pas de faciliter la consommation, mais de lutter sans faillir contre son usage et les trafics liés, qui font la fortune de criminels sur le dos de la santé de jeunes souvent désorientés".
 
Encadrer intelligemment les toxicomanes
 
Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction "comprend les réticences". "Mais il faut voir au-delà, explique-t-il à Metro. Il s'agit d'encadrer intelligemment la consommation. C'est une porte d'entrée aux soins pour des patients souvent difficiles à approcher. Derrière cette porte, on trouve des professionnels de santé qui peuvent envisager un vrai travail avec les toxicomanes." L'association Act'up voit dans ces salles, l'opportunité de faire baisser la consommation et le nombre de risques d'infection (sida, hépatite). Pour M. Le Guen, il y a "aujourd'hui urgence. La consommation d'héroïne augmente à Paris. Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques progresse de 7% au premier semestre 2012 par rapport à la même époque en 2011 et les personnels des associations trouvent davantage de seringues dans les rues."
 
En 2010, le Conseil de Paris avait décidé de voter le principe de cette expérimentation. Faute d’autorisation du gouvernement, cette volonté était restée lettre morte. En mars 2012, le candidat Hollande indiquait avoir "entendu avec intérêt les propositions des maires des grandes villes comme Paris et Marseille visant à améliorer laréduction des risques liés à la consommation de drogue. Je leur laisserai la possibilité de mener des expérimentations pour améliorer la santé des usagers de drogue et réduire les nuisances dans nos quartiers." Ce à quoi le député socialiste répond aujourd'hui : "A Paris, nous sommes prêts à monter très rapidement une ou plusieurs de ses salles dans les Xe, XVIIIe ou XIXe arrondissement. Il est vraiment temps que le gouvernement donne son feu vert"

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