03 novembre 2017

Une salle de consommation à moindre risque va ouvrir ses portes à Bordeaux en 2018

Drug Consumption Room 'Argos' in Strasbourg

Le nom officiel de ce dispositif est "Salle de Consommation à Moindre Risque" (SCMR). Un lieu où les toxicomanes peuvent consommer de la drogue de manière encadrée situé "dans un établissement hospitalier en ville". L'adjoint au maire en charge de la santé, Nicolas Brugère, veut rassurer les riverains.

Après Paris et Strasbourg, c'est à la ville de Bordeaux de se doter d'une "salle de consommation à moindre risque". Le projet à l'étude depuis 5 ans va être mis en place en 2018. Dans la capitale, la population qui fréquente un centre du même type, près de la gare du Nord, dérange certains riverains. Mais Nicolas Brugère, adjoint au maire de Bordeaux, chargé de la santé, affirme qu'à Bordeaux, le lieu choisi, situé dans "un établissement hospitalier en cœur de ville" sera "non gênant" pour les habitants.

Ce vendredi 3 novembre, Nicolas Brugère, adjoint au maire de Bordeaux en charge de la santé, a passé la matinée à Strasbourg. Il est allé visiter la SCMR installée, en novembre 2016, dans l'enceinte de l'hôpital civil de la ville. Un lieu où les toxicomanes peuvent consommer de la drogue de manière suivie et encadrée. "Si la salle se situe dans un site hospitalier comme c'est le cas à Strasbourg et comme ce sera le cas à Bordeaux et bien les riverains ne seront pas dérangés par le fait que des gens rentrent ou sortent de l'hôpital." explique-t-il.

Suivre et encadrer les toxicomanes pour leur permettre "d'aller mieux médicalement et socialement parlant"

Nicolas Brugère dit comprendre les craintes des "citoyens qui peuvent être perturbés par le fait d'accompagner des personnes qui se droguent". Mais en même temps l'élu se veut aussi positif : "les citoyens adhèrent au projet quand ils comprennent que cela permet aux toxicomanes d'aller mieux socialement et médicalement parlant." L''adjoint au maire affirme qu'encadrer les toxicomanes, cela ne veut pas dire les aider à se droguer :

Au début des années 90 on a distribué des seringues avec l'association médecin du monde. Grâce à cela on est passé d'une échelle de l'ordre de 100 à 10 dans la transmission des maladies comme le sida ou encore l'hépatite B. La salle de consommation à moindre risque a cette finalité aussi : aider des personnes en grande difficulté parce qu'elles sont toxicomanes. Et à Strasbourg on voit que ce dispositif marche bien." 

Nicolas Brugère - adjoint au maire


Cette SCMR bordelaise verra le jour grâce à la mairie , en lien avec l'Agence Régionale de Santé, l'association La Case , qui vient en aide aux toxicomanes, et le CEID, le comité d'Etude et d'information sur la drogue.

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