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dixhuitinfo.com, 02 février 2010

Vœu de l'UMP au Conseil du 18ème arrondissement de Paris

Le vœu présenté par Pierre-Yves Bournazel, patron de l'UMP, dans le 18e arrondissement de Paris, est consécutif à un projet de délibération présenté au conseil général mi-décembre 2009, par la majorité PS. : la signature d'une convention avec l'association Elus, santé publique et territoires « pour l'attribution d'une subvention afin de mettre en place une démarche de réflexion, d'expertise et de qualification sur les salles de consommation à moindres risques pour les toxicomanes ».

L'UMP est totalement opposée à ce projet et en profite pour interpeller le maire du 18e arrondissement, Daniel Vaillant, favorable à la légalisation du cannabis. Pour Bournazel, le cannabis « est de plus en plus dangereux ». Mais il relativise : « Un joint chez des adultes de 30 ou 40 ans dans les quartiers aisés, je n'ai rien contre. Mais des jeunes de 13 ou 14 ans, non ! La responsabilité des élus ce n'est pas de proposer la légalisation des drogues. » « Quant aux salles de shoot – sa manière de baptiser les salles de consommation à moindres risques - , à l'UMP, nous sommes contre. Ce système ne fonctionne pas. En Suisse, par exemple, où il est en vigueur, les autorités ont constaté une augmentation de 16 % des décès liés aux usages de drogues. »

Pour Daniel Vaillant, « les politiques de lutte contre la toxicomanie sont un échec. La loi de 1970 est inopérante. Pourtant, c'est en France que la répression est la plus forte. C'est de pire en pire et il ne faudrait rien faire ? » Et d'interpeller son opposant politique : « Pour ma part, je n'ai jamais fumé un joint. Et vous M. Bournazel ? » Le chef de file de l'UMP dans le 18e ne bronche pas. Daniel Vaillant enfonce le clou : « Je souhaite aussi casser l'économie parallèle et prôner une vente légale aux adultes majeurs. A l'image de l'alcool. » Et l'édile de proposer un débat sur le sujet qui pourrait se tenir mairie du 18e. « Mais après les élections régionales, » précise-t-il, avant de plaider en faveur d'une harmonisation des lois européennes.

S'il est d'accord avec le principe des salles de consommation pour toxicomanes, Ian Brossat, chef de file des Communiste au Conseil de Paris, s'oppose à la légalisation du cannabis. Le jeune élu avance son passé de prof dans les banlieues difficiles pour argumenter son point de vue : « J'entends bien que la loi de 1970 ne fonctionne plus, mais je m'abstiendrai sur ce vœu. »

Sylvain Garel, élu Vert et Conseiller de Paris, estime qu'il faut « combattre toutes les addictions. » Mais, il souligne l'échec de la répression, « qui a coûté très cher. » « Nous souhaitons que soit mis en place, simultanément dans plusieurs villes de France et d'Europe, des salles de consommation contrôlées, où, sous surveillance médicale, les produits seraient fournis – à des personnes dûment enregistrées – par les pouvoirs publics afin d'en assurer la qualité et de casser les trafics. » Favorable à la légalisation du cannabis et à la dépénalisation des autres drogues, Sylvain Garel pointe aussi la limite du recours aux produits de substitution, dans le cas du crack, en particulier.

Le vœu a été rejeté. Le PC s'est abstenu.
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